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L'urbanisme de Pondichéry

Par Evangéline Quella-Villéger

Pondichéry est une ville neuve ou ville nouvelle. Généralement ces villes ont un plan régulier en damier, comme les villes-bastides du Sud-Ouest de la France. C'est le cas de Pondichéry qui a un tracé régulier, avec des rues à angle droit, parallèles ou perpendiculaires au rivage. Cette organisation rare en Inde est remarquable car elle correspond à un état d’esprit cartésien à la mode au XVIIe siècle en Europe. En Inde, on trouve néanmoins deux autres villes nouvelles : Chandigarh au Pendjab (créée par Le Corbusier en 1951), et Jaipur, au Rajasthan (fondée au XVIIIe siècle).

Pondichéry forme un ovale harmonieux dans sa ceinture de boulevards s’ouvrant sur la mer, alors que la tendance en Inde est de s’en éloigner. Les boulevards ceignant la vieille ville sont à la place des fortifications abattues en 1761. Après les destructions subies cette année-là, Pondichéry, telle que nous la connaissons aujourd'hui, fut rapidement reconstruite à l'identique en 1766 sur ses anciennes fondations, selon le quadrillage de rues, à l'exception du fort (elle devient « ville ouverte » en 1783).

 

Ce plan en damier comme une ville française, a en fait été tracé par les Hollandais qui sont les premiers à avoir mis les pieds dans cette région. Les Français l'ont poursuivi car cette organisation de l’espace urbain correspondait à la fonction commerciale initiale (et non pas encore militaire). Ce plan s'adaptait méthodiquement par rapport aux nécessités fonctionnelles : magasins et entrepôts au bord de la mer, ainsi que proximité avec les habitations.

La liberté dans la rue est une longue tradition indienne, le trottoir et la répartition de l'usage selon une gradation des espaces est une importation coloniale. La volonté planificatrice est associée à une gestion esthétique de la ville : pour la beauté du site, les maisons sont harmonieuses par exemple.

 

La ville est traversée par un canal qui sépare la ville blanche, surnommée « quartier des affaires » au XVIIIe siècle et la ville noire dite « quartier des amours ». La bipolarité est estompée par l'unité, la cohérence et homogénéité de la forme architecturale enfermée dans une même enceinte, à la différence des villes coloniales britanniques. Les deux parties sont même relativement symétriques : les quartiers se font écho de part et d'autre du canal. Dans la ville noire, la répartition de l'espace par castes se calque assez bien sur un système de rues orthonormées.

On retrouve les éléments d'une ville française dans cette ville indienne : la promenade au bord de mer, un espace ouvert pour le marché au centre, une église prés du marche (en l’occurrence la cathédrale ici), les axes principaux menant vers le marché, et des ilots de maisons carrés ou rectangulaires.

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